AANTEKENINGEN bij Sur l'admission des femmes au droit de cité, door Jean-Antoine-Nicolas de Caritat, marquis de Condorcet, 1790, en enkele andere boeken van Condorcet

Condorcet heeft heel veel geschreven, variërend van een economisch werk over monopolies in 1775, tot beschouwingen over de houdbaarheid van grondwetten in 1791, tot zijn magnum opus in 1794 dat in de Nederlandse vertaling heet 'Schets van een historisch tafereel der vorderingen van 's menschen geest'.

Maar voor het onderwerp Etta zijn er drie van belang. Ze zijn allemaal op het internet als pdf's te vinden en ze komen hieronder aan de orde in de volgorde dat ze geschreven zijn:

■ Sur l'admission des femmes au droit de cité, een artikel dat verscheen in het Journal de la Société de 1789 van 3 juli 1790.

■ Déclaration de l'Assemblée Nationale, een verklaring eind 1791 over de vredelievende bedoelingen van Frankrijk, door Etta vertaald en aan het parlement aangeboden.

■ Adresse aux Bataves, eind 1792, ook verschenen in de Nederlandse vertaling Bericht aan de Batavarieren.


Sur l'admission des femmes au droit de cité

Als gezegd uit de Journal de la Société de 1789 van 3 juli 1790, dertien pagina's, een vrije samenvatting ervan staat bij Aulard, zie hier, en een gedeeltelijke Engelse vertaling in The French Revolution and Human Rights door Lynn Hurst. Hier de volledige tekst, die ik nog een keer moet corrigeren:

L'habitude peut familiariser les hommes avec la violation de leurs droits naturels, au point que parmi ceux qui les ont perdus, personne ne songe à les réclamer, ne croie avoir éprouvé une injustice. Il est même quelques-unes de ces violations qui ont échappé aux philosophes et aux législateurs, lorsqu'ils s'occupaient avec le plus de zèle d'établir les droits communs des individus de l'espèce humaine, et d'en faire le fondement unique des institutions politiques.
Par exemple, tous n'ont-ils pas violé le principe de l'égalité des droits, en privant

(pagina 2)

tranquillement la moitié du genre humain de celui de concourir à la formation des lois, en excluant les femmes du droit de cité? Est-il une plus forte preuve du pouvoir de l'habitude, même surles hommes éclairés, que de voir invoquer le principe de l'égalité des droits en faveur de trois ou quatre cents hommes qu'un préjugé absurde en avait privés, et l'oublier à l'égard de douze millions de femmes?
Pour que cette exclusion ne fût pas un acte de tyrannie', il faudrait ou prouver que les droits natureis des femmes ne sont pas absolument les mêmes que ceux des hommes, ou montrer qu'elles ne sont pas capables de les exercer.
Or, les droits des hommes résultent uniquement de ce' qu'ils sont des êtres sensibles, susceptibles d'acquérir des idées morales, et de raisonner sur ces idées. Ainsi les femmes ayant ces mêmes qualités, ont nécessairement des droits égaux. Ou aucun individu de l'espèce humaine n'a de véritables droits, ou tous ont les mêmes; et celui qui vote contre le droit d'un autre, quels que soient sa religion, sa couleur ou son sexe, a dès lors abjuré les siens.
Il serait difficile de prouver que les femmes

(pagina 3)

sont incapables d'exercer les droits de cité. Pourquoi des êtres exposés à des grossesses, et à des indispositions passagères, ne pourraient-ils exercer des droits dont on n'a jamais imaginé de priver les gens qui ont la goutte tous les hivers, et qui s'enrhument aisément? En admettant dans les hommes une supériorité d'esprit qui ne soit pas la suite nécessaire de la différence d'éducation (ce qui n'esf rien moins que prouvé, et ce qui devrait l'être, pour pouvoir, sans injustice, priver les femmes d'un droit naturel), cette supériorité ne peut consister qu'en deux points. On dit qu'aucune femme n'a fait de découverte importante dans les sciences, n'a donnéde preuves de génie dans les arts, dans les lettres, etc.; mais, sans doute, on ne prétendra point d'accorder le droit de cité qu'aux seuls hommes de génie. On ajoute qu'aucune femme n'a la même étendue de connaissances, la même force de raison que certains hommes; mais qu'en résulte- t-il, qu'excepté une classe peu nombreuse d'hommes très-éclairés, l'égalité est entière entre les femmes et le reste des hommes; que cette petite classe mise à part, l'infériorité et la supériorité se partagent également entre les deux sexes. Or, puisqu'il serait complètement absurde de borner

(pagina 4)

 à cette classe supérieure le droit de cité, et la capacité d'être chargé de fonctions publiques, pourquoi en exclurait-on les femmes, plutôt que ceux des hommes qui sont inférieurs à un grand nombre de femmes ?
Enfin, dira-t-on qu'il y ait dans l'esprit ou dans le cœur des femmes quelques qualités qui doivent les exclure de la jouissance de leurs droits naturels? Interrogeons d'abord les faits. Élisabeth d'Angleterre, Marie-Thérèse, les deux Catherine de Russie, ont prouvé que ce n'était ni la force d'âme, ni le courage d'esprit qui manquait aux femmes.
Élisabeth avait toutes les petitesses des femmes; ont-elles fait plus de tort à son règne que les petitesses des hommes à celui de son père ou de son successeur? Les amants de quelques impératrices ont-ils exercé une influence plus dangereuse que celle des maîtresses de Louis XIV, de Louis XV, ou même de Henri IV?
Croit.on que mistriss Macaulay n'eût pas mieux opiné dans la chambre des communes que beaucoup de représentants de la nation britannique? N'aurait-elle pas, en traitant la question de la liberté de conscience, montré

(pagina 5)

des principes plus élevés que ceux de Pitt, et une raison plus forte? Quoique aussi enthousiaste de la liberté que M. Burke peut l'être de la tyrannie, aurait-elle, en défendant la constitution française, approché de l'absurde et dégoûtant galimatias par lequel ce célèbre rhétoricien vient de la combattre? Les droits des citoyens n'auraient-ils pas été mieux défendus, en France, aux états de 1614, par la fille adoptive de Montaigne, que par le conseiller Courtin, qui croyait aux sortiléges et aux vertus occultes ? La princesse des Ursins ne valait-elle pas un peu mieux que Chamillard ? Croit-on que la marquise du Châtelet n'eût pas fait une dépêche aussi bien que M. Rouillé? Madame de Lambert aurait-elle fait des lois aussi absurdes et aussi barbares que celles du garde des sceaux d'Armenonville, contre les protestants, les voleurs domestiques, les contrebandiers et les nègres? En jetant les yeux sur la liste de ceux qui les ont gouvernés, les hommes n'ont pas le droit d'être si fiers.
Les femmes sont supérieures aux hommes dans les vertus douces et domestiques; elles savent, comme les hommes, aimer la liberté quoiqu'elles n'en partagent point tous les avantages et, dans les républiques, on les a vues

(pagina 6)

souvent se sacrifier pour elle elles ont'montré les vertus de citoyen toutes les fois yue le hasard ou les troubles civils les ont amenées sur une scène dont l'orgueil et la tyrannie des hommes les ont écartées chez tous les peuples.
On a dit que les femmes, malgré beaucoup d'esprit, de sagacité, el la faculté de raisonner portée au même degré que chez de subtils dialecticiens, n'étaient jamais conduites par ce qu'on appelle la raison.
Cette observation est fausse elles ne sont pas conduites, il est vrai, par la raison des hommes, mais elles le sont par la leur.
Leurs intérêts n'étant pas les mêmes, par la faute des lois, les mêmes choses n'ayant point pour elles la même importance que pour nous, elles peuvent, sans manquer à la raison, se déterminer par d'autres principes et tendre à un but différent. Il est aussi raisonnable à une femme de s'occuper des agréments de sa figure, qu'il l'était à Démosthène de soigner sa voix et ses gestes.
On a dit que les femmes, quoique meilleures que les hommes, plus douces, plus sensibles, moins sujettes aux vices qui tiennent à l'égoïsme et à la dureté du coeur, n'avaient pas proprement le sentiment de la justice; qu'elles obéissaient plutôt à leur sentiment qu'à leur conscience.

(pagina 7)

Cette observation est plus vraie, mais elle ne prouve rien ce n'est pas la nature, c'est l'éducation, c'est l'existence sociale qui cause cette différence. Ni l'une ni l'autre n'ont accoutumé les femmes à l'idée de ce qui est juste, mais à celle de ce qui est honnête. Éloignées des affaires, de tout ce qui se décide d'après la justice rigoureuse, d'après des lois positives., les choses dont elles s'occupent, ^or lesquelles elles agissent, sont précisément cètles qui se règlent par l'honnêteté naturelle et par le sentiment. Il est donc injuste d'alléguer, pour continuer de refuser aux femmes la jouissance de leurs droits-naturels, des motifs qui n'ont une' sorte de réalité que parce qu'elles ne jouissent pas de ces droits.
Si on admettait contre les femmes des raisons semblables, il faudrait aussi priver du droit de cité la partie du peuple qui, vouée à des travaux sans relâche, ne peut ni acquérir des lumières, ni exercer sa raison, et bientôt, de proche en proche, on ne permettrait d'être citoyens qu'aux hommes qui ont fait un cours de droit public. Si on admet de tels principes, il faut, par une conséquence nécessaire, renoncer à toute constitution libre. l.es diverses aristocraties n'ont eu que de semblables prétextes pour fondement ou pour excuse;

(pagina 8)

l'étymologie même de ce mot en est la preuve.
On ne peut alléguer la dépendance où les femmes sont de leurs maris, puisqu'il serait possible de détruire en même temps cette tyrannie de la loi civile, et que jamais une injustice ne peut être un motif d'en commettre une autre.
Il ne reste donc que deux objections à discuter. A la vérité, elles n'opposent à l'admission des femmes au droit de cité que des motifs d'utilité, motifs qui ne peuvent contre-balancer un véritable droit. Lamaxime contraire a été trop souvent le prétexte et l'excuse des tyrans; c'est au nom de l'utilité que le commerce et l'industrie gémissent dans les chaînes, et que l'Africain reste dévoué à l'esclavage; c'est au nom de l'utilité publique qu'on remplissait la Bastille, qu'oninstituait des censeurs de livres, qu'on tenait la prõ cédure secrète, qu'on donnait la question. Cependant nous discuterons ces objections, pour ne rien laisser sans réponse.
On aurait à craindie, dit-on, l'influence des femmi» sur les hommes.
Nous répondrons d'abord que cette influence, comme toute autre, est bien plus à redouter dans le secret que dans une discussion publique;

(pagina 9)

que celle qui peut être particulière aux femmes y perdrait d'autant plus, que, si elle s'étend au delà d'un seul individu, elle ne peut être durable dès qu'elle est connue. D'ailleurs, comme jusqu'ici les femmes n'ont été admises dans aucun pays à une égalité absolue, comme leur empire n'en a pas moins existé partout, et que plus les femmes ont été avilies par les lois, plus il a été dangereux, il ne parait pas qu'on doive avoir beaucoup de confiance à ce remède. N'est-il pas vraisemblable, au contraire, que cet empire diminuerait si les femmes avaient moins d'intérêt à le couserver, s'il cessait d'être pour elles le seul moyen de se défendre et d'échapper à l'oppression ?
Si la politesse ne permet pas à la plupart des hommes de soutenir leur opinion contre une femme dans la société, cette politesse tient beaucoup à l'orgueil; on cède une victoire sans conséquence; la défaire n'humilie point parce qu'on la regarde comme volontaire. Croit-on sérieusement qu'il en fût de même dans une discussion publique sur un objet important? La politesse empêche-t-elle de plaider contre une femme?
Mais, dira-t-on, ce changement serait contraire à l'utilité générale, parce qu'il écarteroit

(pagina 10)

les femmes des soins que la nature semble leur avoir réservés. Cette objection ne me parait pas bien fondée. Quelque constitution que l'on établisse, il est certain que, dans l'état actuel de la civilisation des nations européennes, il n'yaura jamais qu'un très-petit nombre de citoyens qui puissent s'occuper des affaires publiques. On n'arracherait pas les femmes à leur ménage plus que l'on n'arrache les laboureurs à leurs charrues, les artisans à leurs ateliers. Dans les classes plus riches, nous ne voyons nulle part les femmes se livrer aux soins domestiques d'une manière assez continue pour craindre de les en distraire, et une occupation sérieuse les. en détournerait beaucoup moins que les goûts futiles auxquels l'oisiveté et la mauvaise éducation les condamnent.
La cause principale de cette crainte est l'idée que tout homme admis à jouir des droits de cité ne pense plus qu'à gouverner; ce qui peut être vrai jusqu'à un certain point dans le moment où une constitution s'établit; mais ce mouvement ne saurait être durable. Ainsi il ne faut pas croire que parce que les femmes pourraient être membres des assemblées nationales, elles abandonneraient sur le champ lèurs enfants,

(pagina 11)

leur ménage, leur aiguille. Elles n'en seraient que plus propres à élever leurs enfants, "à former des hommes. Il est naturel que la femme allaite ses enfants, qu'elle soigne leurs premières années; attachée à sa maison par ces soins, plus faible que l'homme, il est naturel encore qu'elle mène une vie plus retirée, plus domestique. Les femmes seraient donc dans la même classe que les hommes obligés par leur état à des soins de quelques heures. Ce peut être un motif de nepas les préférer dans les élections, mais ce ne peut être le fondement d'une exclusion légale. La galanterie perdrait à ce changement, mais les mœurs domestiques gagneraient par cette égalité comme par.toute autre.
Jusqu'ici, tous les peuples connus ont eu des mœurs ou féroces ou corrompues. Je ne connais- d'exception qu'en faveur des Américains des États-Unis qui sont répandus en petit nombre sur un grand territoire. Jusqu'ici, chez tous les peuples, l'inégalité légale a existé entre les hommes et les femmes; et il ne serait pas difficile de prouver que dans ces deux phénomènes, également généraux, le second est une des principales causes du premier; car l'inégalité introduit nécessairement la corruption, et

(pagina 12)

en est la source la plus commune, si même elle n'est pas la seule.
Je demande maintenant qu'on daigne réfuter ces raisons autrement que par des plaisanteries et des déclamations; que surtout on me montre entre les hommes et les femmes une différence naturelle, qui puisse légitimement fonder l'exclusion du droit. L'égalité des droits établie entre les hommes, dans notre nouvelle constitution, nous a valu d'élo-quentes déclamations et d'intarissables plaisanteries mais, jusqu'ici, personne n'a pu encore y opposer une seule raison, et ce n'est sûrement ni faute de talent, ni faute de zèle. J'osé croire qu'il en sera de même de l'égalité des droits entre les deux sexes. Il est assez singulier que dans un grand nombre de pays on ait cru les femmes incapables de toute fonction publique, et dignes^de la royauté; qu'en France une femme ait pu être régente, et que jusqu'en 1776 elle ne pût être marchande de modes à Paris (1); qu'enfin, dans

(pagina 13)

les assemblées électives de nos bail- liages, on ait accordé au droit du fief, ce qu'on refusait au droit de la nature. Plusieurs de nos députés nobles doivent à des dames, l'honneur de siéger parmi les représentants de la nation. Pourquoi, au lieu d'ôter ce droit aux femmes propriétaires de fiefs, ne pas l'étendre à toutes celles qui ont des propriétés, qui sont chefs de maison? Pourquoi, si l'on trouves absurde d'exercer par procureur le droit de cité, enlever ce droit aux femmes, plutôt que de leur laisser la liberté de l'exercer en personne?

Cet article est de M. de CONDORCET


Déclaration de l'Assemblée Nationale

Deze verklaring wordt op 29 december 1791 door de nationale vergadering aangenomen met de opmerking dat die zoveel mogelijk in zoveel mogelijk talen verspreid moet worden. Daarop reageert Etta al op 7 januari 1792 door - schriftelijk - de vertaling aan te bieden.

Volgens Hardenberg pagina 67-68 is de titel van die vertaling: 'Verklaring der Gedeputeerden des Volks in hunne vergadering van den 29 December 1791, aan alle volkeren des aartbodem', maar voorzover mij bekend is die vertaling niet bewaard gebleven.

De notulen van de aanbieding van de vertaling op de 'Séance du samedi 7 janvier 1792, au matin':

M. le Président donne lecture d'une lettre de la dame Elise Palm, née d'Aelders, qui offre à l'Assemblée nationale la traduction en hollandais, de la déclaration solennelle décrétée le 29 décembre dernier; cette lettre est ainsi conçue: ; « Monsieur le Président, « L'Assemblée nationale a décrété que la déclaration rédigée par M. Condorcet, adoptée par elle au nom de la nation, serait traduite dans toutes les langues; permettez qu'une femme hollandaise de naissance et française par. adoption, puisse avoir l'honneur d'offrir à l'Assemblée nationale, par votre organe, la traduction de cette déclaration dans sa langue naturelle, afin de mettre ses concitoyens à même de connaître, admirer et inviter les sentiments généreux et magnanimes du peuple français. {Applaudissements.) Je vous prie, Monsieur le Président, d'être l'interprète des sentiments de vos amis et alliés dont je me fais gloire d'être la concitoyenne. « J'ai l'honneur d'être, etc. « Signé : Élise Palm, née d'Aelders. » Plusieurs membres: Mention honorable au procès-verbal! (L'Assemblée décrète qu'il sera fait mention honorable de cette lettre au procès-verbal.)

Adresse aux Bataves / Bericht aan de Batavarieren

Dit stuk komt ter sprake in:

■ een brief van Etta aan minister Lebrun dd 7 december 1792, als ze alleen nog maar over het stuk gehoord heeft, zie hier,

■ een brief van Etta aan minister Lebrun dd 11 december 1792, waarin ze het commentaar erop van Van de Spiegel weergeeft, zie hier,

■ een brief van Etta aan minister Clavière dd 12 december 1792, zie hier en

■ een brief van Etta aan minister Lebrun dd 14 december 1792, zie hier,

De Nederlandse vertaling - 'Te Duinkerken, by Van sCHELLE & cOMP. 1792' - heb ik gekregen van Marcel Claesen van www.condorcet.nl, die het van Tresoar had, maar inmiddels staat het ook op google-books. Hier de volledige tekst van de Nederlandse uitgave:

BERICHT AAN DE BATAVIEREN, door CONDORCET, lid van de Nat. Conventie van FRANKRIJK

Edelmoedigt Batavieren! geeft gehoor aan de uitspraaken der Vrijheid die zich om u heen laaten hooren. Ziet hoe de vaanen uwer Geweldenaaren, hoe de Trawanten der Despooten van Pruissen en Oostenrijk de vlugt neemen op het aanschouwen van de geheiligde Zegevaanen der Gelijkheid. Het tijdstip om uwe kluisters te verbreeken is gekoomen. De hoogmoed der bezoldigden van Frederik, die door het vernuft van hun hoofd niet meer worden aangemoedigd, is bezweeken. Dien Brunswijk, altijd gereed om zich te verkoopen aan de Verdrukkers der Volken, deezen Ronzelaar van uwe --- en der Franschen Vrijheid, is uit de lijst der Krijgsmannen geschrabd. George den III, ziet reeds met een' kommerlijken schrik dien Troon wankelen, die alleen op bedrieglijke drogredenen gevestigd is, en die door de Vrij-Gemeenebest-Gezinde waarheden alreeds tot in hunne grondstellingen hebben moeten waggelen.

Frankrijk heeft de Vrijheid van het Menschelijk Geslagt verkondigt; - eenen doffen, maar gedugten weêrgalm, heeft haar van de zoomen der Macarenes

(pagina 4)

af tot aan de oevers der Neva toe geäntwoord, de paleisen der Dwingelanden hebben 'er van gebeefd, en gij alleen zoudet eene lafhartige stilzwijgendheid behouden!

Hebt gij vergeeten, dat gij, de andere Volkeren in de kennisse der Vrijheid langen tijd vooruitloopende, met Engeland de eer gedeeld hebt van uwe in Slavernij gedompelde Nabuuren te verligten, op de waare belangens, op de geheiligde Rechten der menschheid ?

Op het tijdstip van uwe roemrijke Omwenteling, was het zonder twijfel natuurlijk, dat menschen die nooit anders als de dienstbaarheid gekend hadden, in eene eeuw nog aan de vooroordeelen en de onweetendheid gehecht, zich vergenoegden met hunne oude vrijdommen te bewaaren, en tegen hunne vijanden de kracht van een verbond te stellen het welk door de noodzaakelijkheid bevoolen wierd. Het was zelfs veel zulks tot stand gebragt te hebben, schoon onbeschaafdelijk, te midden in den Oorlog, tusschen de kanonnen van Philips en de brand-staaken der Inquisitie.
 
Thans leggen u de voortgangen der menschelijke reede andere pligten op. Niets kan u verschoonen dat gij nog langer in uw midden duld dien Generaal, dien erfelijken Admiraal, -- als of de bekwaamheid om veldslagen te winnen, en vlooten te geleiden, zo onveilbaar in eene famielie van Vorsten wierd overgedragen, als de begeerte tot het goud en den geest der overheersching,
Weest doch indagtig, dat er van alle deeze

(pagina 5)

Nassauwen, naauwlijks eenen geweest is die uwe Vrijheid gediend heeft, en dat alle anderen dezelve verraaden, hebben. - Toen gij, de Vrijheid moede onder de bestiering van De Witt, den machiavelist Willem tot de waardigheden zijner famielie hebt te rug geroepen, welke dienst heeft hij u toen gedaan ? –-

Hij heeft de vlugt genoomen voor het leger van Lodewijk den XIV. Maar het is ten koste van uw goud, van uw bloed, dat hij zich op den troon van Engeland verheven heeft. Hij heeft dit gezag alleen aan uw onvoorzigtig vertrouwen te danken gehad, en hij heeft 'er zich in 't vervolg van bediend om uwe Rechten met des te meêr onbeschaamdheid te schenden. En wat was verder de vrugt uwer onbezonnenheid, toen gij, door zijnen dood ontslagen zijnde van het geslagt der vijanden uwer Vrijheid, der moordenaaren uwer verdedigers, wederom uwe Vrijheid moede, na verloop van eene halve eeuw, nieuwe geweldenaars hebt gaan zoeken in de ontäarde overblijvers van eenen naam, die berucht is door uwe overwinningen en door uwe ongelukken ? –-

Zij hebben het gezach, waar mede gij hen bekleed hebt, alleen aanvaard om het zelve over te léveren in de handen van dien meester die Engeland en Oostenrijk hen beval te gehoorzaamen, en het is Louis van Brunswijk slegts afgenoomen om 'er eene vreemde Vrouw mede te begiftigen, die zo greetig na uwe Schatten als vijandin van uwe Rechten is. Het schijnt dat de natuur, om u te straffen wegens het overtreeden haarer Wetten door het instellen

(pagina 6)

van een erfelijk gezach, u heeft willen veroordeelen om 'er in weinig jaaren al het gevaar en al de sehande van te gevoelen.

Welke noodlottigheid heeft u dus tweemaalen medegesleept in deeze voor uwe Vrijheid zo rampzalige strik ? Door de opvolgers van Philips den II erkend zijnde, Frankrijk, het welk u verdedigd hadde, en het Huis van Oostenrijk, dat u verdrukt hadde, verpligtende, om u als scheidsmannen hunner geschillen aan te neemen, -- de mededingers in Scheepsmagt geworden zijnde van dat zelfde Engeland, het welk in de eerste dagen uwer Vrijheid, u deszelfs trotsche en twijfelachtige bijstanden zo duur verkogt hadde, hebt gij geloofd dat dezelfde grondwet, waar mede gij zulke groote zaaken had uitgevoerd, geschikt waare voor uwe nieuwe grootheid, en dat zij, daar zij u tot deezen verbaazenden voorspoed gebragt hadde, u dezelve op gelijke wijze konde behouden.

Maar deeze zwakke banden, door de Zeven Provincien aangegaan, in staat zijnde om hunne willen te vereenigen als het 'er op aan kwam om den algemeenen verdrukker te bestrijden, of de Vrijheid der Zeeën te verzekeren tegen eene heerschzugtige magt, hebben zich te slap bevonden als men zich heeft moeten verstaan op minder sehijnbaare en meêr vermengde belangens; -- en in plaats van dit verbondschap naauwer te vereenigen, in plaats van die schut-boomen die uwe Republieken van elkander scheiden, te doen zakken,

(pagina 7)

tot voor de grondbeginzelen eener onbetwistbaare gelijkheid van belangens en van eene edelmoedige broederschap, hebt gij deeze Staatkundige eenigheid waar van gij de noodzaakelijk gevoelde, gezogt in de herstelling van een voor de Vrijheid gevaarlijk gezag.

Toen gij voor uwe Godsdienstige Vrijheid en voor uwe onafhangelijkheid streed, begreep het volk, met deeze groote onderwerpen bezig, naauwlijks dat voorrechten van Edeldom en Burgerschap, hen enkel den naam van Burger lieten behouden, en hen verwaandelijk tot de classe der onderdaanen verweezen. Maar ten tijde van vreede, deed zich deeze vernederende ongelijkheid weldra gevoelen, en het volk begeerde eenen Vorst te hebben, om dat het de erfelijke beheersching der Regenten en Edelen moede was.

Elk talrijk, behoeftig volk, zonder onderwijzing, als het van deszelfs Staatkundige Rechten verstooken is, veranderd spoedig in gemeen, tegelijk oproerig en slegt, even gereed om zich tegen de Wetten te verzetten als den arm van een geweldenaar te verbrijzelen, altijd gereed om gerust tot het willekeurig gezag van eenen eenigen over te gaan, uit die vreesachtige en beuzelachtige geweldenarij van veelen, van welke nog de geringheid van geboorte, nog de behoeftigheid kunnen bevrijd blijven. Daarom hebt gij meesters gehad, om dat gij niet genoeg het gevaar gevoeld hebt van Onderdaanen te bewaaren, en de aangenaamheid van alleenlijk broeders te hebben. Dit was de eenige

(pagina 8)

dwaaling van Jan de Wit, en deeze dooling kostte hem het Leeven en u de Vrijheid.

Deeze gebreken, die u tweemaalen tot het Stadhouderschap hebben terug gebragt, hebben meer het goed gelukken uwer laatste Omwenteling belet, als de Pruissische legers. Daar is niets meer voor de Vrijheid mogelijk, tenzij men haar gelijk en geheel aanbiede aan de algemeene meenigte des volks, --- en het voorbeeld van Poolen toond dit nog ten duidelijksten aan. Als den Rijksdag de Landlieden tot de waardigheid van vrije lieden beroepen hadde, dan zou geheel de Russische magt verbrijzeld zijn geworden tegen de geestdrift eener Natie, die in het genot haarer Rechten hersteld was, en Cathrina hadde spoedig voor haar zelfs die besmetting der Vrijheid gevreesd, waar voor tegenwoordig de nabuurige Despooten aan Frankrijk beeven.

BATAVIEREN! , wilt gij vrij zijn ? Dat dan uwe zeven. Vrij-Gemeenebesten, tot één enkel gebragt, ook niet meer als eenen wil hebben, dat alle burgers een gelijk belang hebben om rechten te verdedigen, die dezelfden voor allen zijn. Dan zult ge het volk de schandelyke kleur van Slavernij onder de voeten zien treeden, om die van de Vrijheid in de plaats op te zetten.
Vreest niet meer dat het uwe ooren verveeld door deszelfs woest geschreeuw voor Oranje, als het 't woord van Gelijkheid voor hunnen verzamel-roep zal aanneemen; het is door den rijken van den armen, den

(pagina 9)

edelen van den boer, den burger van den regent te seheiden; -- het is door de afgunst tusschen ongelijke Provinçien, in magt of vermogen, te zaaijen, dat de Stadhouders 'er toe geraakt zijn om u de werktuigen van uwe eigen Slavernij te maken, en met uwe pogingen te spotten die altijd partijdig en kwaalijk verëenigd waaren.

Bataafsche Burgers, die, in den tegenwoordigen staat, genot hebt van alle de voordeelen uwer zwakke en bedrieglijke vrijheid, die in deeze verdeeling van Provincien, middel vind om nog zekerder naauwverbondene ontwerpen van eene wettige eerzucht te voldoen, zoudt gij in twijfel staan om deeze opoffering te doen ? Geloofd gij thans dat het recht der gelijkheid, zo opentlijk door Frankrijk verklaard, nog langer tijd een geheim kan blijven ? Gelooft gij dat de inwoonders van Amsterdam of van Utrecht meêr moeite hebben om het te bevatten en minder zugt om er zich van te bedienen als die van Nicea en Chamberij ? Denkt gij dat het geroep der gelijkheid in Belgiën niet gehoord zal worden aan de andere zijde der Schelde ? Meend gij dat uwe broederen niet liever Batavieren en vrije lieden zullen zijn, als onderdaanen van de heerlijkheid van Groningen, of van het Graafschap van Holland ? Zedert bijna drie eeuwen was Bretagne een gedeelte van de Fransche Monarchie, en de Bretanjers maakten nog een afzonderlijk volk uit. Men had het niet kunnen onderneemen om één van hunne gewoontens

(pagina 10)

te veranderen, om één hunner gebruiken te vernietigen, zonder zich bloot te stellen om bloed te doen vergieten; -- men heeft tot hen gezegd in naam der gelijkheid: weest in 't vervolg niet anders als Franschen, en zij hebben gevloogen om zich met hunne broeders te vereenigen. Het is eigenaartig gehecht te blijven aan de plaatzelijke gewoontens onder welken men geleefd heeft, te gelooven dat zij de besten zijn, eene zoort van eerzucht te hechten in dezelven niet aan die van een ander land opteöfferen; maar het is ook in het hart van den mensch om deeze zwakheden der
hoogmoed en gewoonte aan de geest-drift der Vrijheid opteofferen.

Het zoude bezwaarlijk zijn om eene uwer Provincien onder de Wetten van de naastgelegene Provincie te buigen; maar het zal niet moeilijk vallen hen te overtuigen van zich allen in eene algemeene herschepping is verenigen, bijzonderlijk als, door de kragt deezer verandering, de masse des volks zich geroepen vind tot nieuwe Rechten, als zij wetten verlaat die haar vernederen, om anderen aan te neemen die haar tot deszelfs eerste waarde terug brengen.
 
Wie zoude u tegenwoordig kunnen tegenhouden, u, die bijna alleen het vereenigd Spanjen en Oostenrijk hebt wederstaan ? Zult gij niet in Frankrijk een Bondgenoot vinden die u nooit weêr verlaaten zal, ale Gij, zoals zij, alle Tijrannen voor vijanden zult hebben ? Deeze naauwe vereeniging der vrije volkeren gaat het eerste hunner belangens en noodwendigheden

(pagina 11)

worden zo lang de aarde besmet zal zijn met het aanweezen van eenen Koning, met de redenloosheid van een erfelijk bewind, tot zo lang als deeze schandelijke Vrugt der onkunde en zwakheid niet afgeschaft zal zijn door de algemeene toestemming der menschelijken geslachts.
 
Gij word door de invloed van Engeland en Pruissen bestierd. De eene beschermd den trouwloozen Nassau, op voorwaarde dat hij haar uwen handel gerustelijk zal laaten vernielen en verdrukken. Den ander' eischt van hem, dat hij uwe schatten gebruikt om Landtroupen te bezoldigen, die voor zijne rampvolle ontwerpen tegen uwe Vrijheid noodzakelijk zijn. Beiden spannen met hem zaamen tot de Vernietiging van uwe Zee-magt, die bron van uwe thans verwelkte roem, dit eenig bolwerk van uwe onafhanglijkheid. -- Haast U om dit schandlijk juk te verbreken. -- Al reeds bedekken uwe vlooten den Océaan niet meer; uwe afgelegene bezittingen zonder verdediging gelaaten, zouden uw eigendom niet meer zijn als de ijverzugt van Frankrijk en Engeland dezelven niet behoed hadde tegen eenen gemakkelijken inval. Het begrip der koophandel is verspreid bij een groot getal volkeren, en hunne onkunde betaald aan uwe werkzaamheid niet meer die Schattingen die u zo langen tijd verrijkt hebben. In Indiën zijt gij niet meer de mededingers van Engeland; de monopolie der kruiderijen ontwijkt uwe handen.

(pagina 12)

Verscheide geheimen in de konsten werkten tot uwe verrijking mede, en deeze geheimen zijn tegenwoordig ontdekt, uwe Druk-konst, uwe Fransche boekhandel waaren eene bron van weelde die door de instelling onzer Vrijheid is opgedroogd,

Uwe oude nijverheid, uwe kennis in den handel, uwe berekening in de vervoeringen, uwe groote Geldsommen houden u nog staande, maar elken dag ziet uwe hulpmiddelen verswakken. Het was in het oogenblik waarin de omwentelingen van den handel u bevoolen anderen optezoeken, toen een verdrukkend gezag zich met niets anders bezig hield als met die te vernielen die u nog overig waaren. Geloofd gij langen tijd de uitsluitende voordeelen te kunnen bewaaren, die gij geniet uit uwe legging aan de monden der rivieren die door Belgiën, Frankrijk en Duitschland stroomen ? Meend gij, dat de vrij-gewordene en aan Frankrijk verbondene Belgen, de ourechtvaardige voorwaarden zullen gestand doen die gij de burgers van Antwerpen hebt voorgeschreven ?
 
BATAVEN, wilt gij rijk blijven, durft u dan ook eindelijk vrij maaken.

Nog eenige jaaren onder het Stadhouderschap blijvende, zal 'er van u niets meer overig zijn. Doch als gij uit deezen langwijligen Slaap opstaat, verwagten u eenen nieuwen roem, en nieuwe voordeelen. Gelijk

(pagina 13)

en Vrij, zult gij ook rechtvaardig weeten te zijn, gij zult in de Indiën voor de Slaafsche natien niet meer zijn, het geen uwe Stadhouders voor u waaren, geweldenaars, looze geldzugtigen en ontmenschten. Wie heeft anders het recht om voor Europa den Zuiker-handel van Cochinchina opterichten, als de bezitters van Java ? Ceijlon door uwe Scheepen verdedigd wordende, is dat niet eene natuurlijke Stapelplaats van de Indische waaren, onafhangelijk van de omwentelingen die 'er voor kunnen vallen ? Is het niet op de Caap de Goede Hoop, daar de verzameling der kostbaare voortbrengzelen, die in het gemaatigd deel van China groeijen, moet gebracht worden ?

Brengd dat land, het welk zo door u verwaarloosd word, geene nuttige planten en gewassen voort, die eens in uwe handen de voorwerpen van eenen nuttigen handel moeten worden ?

Als deeze landen wel bestierd worden, bieden zij dan niet aan uwe schatten uitgestrekte landstreken die slegts na de bebouwing wagten ? Zullen ze geene aanmerkelijke takken van uwen handel kunnen uitmaaken ? Doordien de menschen zich in Europa van tijd tot tijd al meer zamenvoegen, moeten zij 'er de voortbrengzelen die groote landruimten vereischen, en maar een klein getal handen verschaffen, uit verbannen. Daar zijn aankwekingen die alleen maar bevoegd zijn voor nieuwe landen, waarin de menschen tot de aarde ontbreken, zo als 'er ook zijn die alleen voegen aan de

(pagina 14)

geenen daar de aarde ontbreekt voor de menschen. In Asia, in Africa, kunt gij u het land scheppen dat u Europa geweigerd heeft. Gij hebt alles wat nodig is tot groote onderneemingen, het geld, het overleg, het vernuft, het geduld en den moed; niets ontbreekt u als de Vrijheid; durft haar eindelijk herwinnen.

Zoud gij die gehuurde bezoldigden van Nassau vreezen ? Behooren dezelve u niet, om dat men ze met uw geld betaald ? Zoud gij beducht zijn voor de despoten van Weenen en Berlijn ? of voor den halven despoot van Londen ? --
Neen, Frankrijk is 'er, en om dat het vrij wil zijn, zal het niet dulden dat een volk bet welk desselfs, boeijens verbrooken heeft, ooit weder tot de Slavernij gebracht worde!

EINDE


Je bent hier: OpeningBronnen → Condorcet